L'échéance est proche. J-18 tout au plus, probablement moins. Le petit boutchou s'apprête à montrer le bout de son nez et déjà le quotidien laisse place à l'attente de son arrivée imminente. Il
faut dire qu'une fausse alerte ayant entraîné l'hospitalisation de C. pendant 2 jours est passée par là... Mais plus de peur que de mal, car les contractions ont été stoppées par l'équipe
médicale. Trop tôt! Mais, à présent, ils laisseront faire la nature.
Ce détour par la clinique a eu le mérite de nous donner
un coup de collier pour accéler les derniers préparatifs. Les valises sont prêtes pour la prochaine fois! Il ne reste plus qu'à recevoir le lit et à installer les fixations de la nacelle dans la
voiture et nous serons tout bon.
Pendant ce temps là, ma "scolarité" suit son cours et je me retrouve dans une situation délicate bien que prévue de longue date. La prochaine colle tombant la veille de la venue planifiée du
bonhomme, il est temps d'accélérer les révisions car après, ce sera une autre histoire! Et décision est prise de me présenter à l'examen, en toutes circonstances, sauf si l'accouchement lui est
concomitant naturellement! Ne jamais remettre au lendemain...
Demain, justement, je vais participer à la 2e soirée officielle de l'école, vêtu d'un costume de soldat américain des années 40, avec, signe des temps, mon portable bien allumé dans ma poche, au
cas où...
Pour C., le temps est suspendu. Il faut dire qu'avec 18 kgs en plus, il devient difficile de se mouvoir correctement, sans compter que Monsieur s'agite comme un petit fou à longueur de journée.
Au programme, repos, soins, détente. Sage programme avant la tempête qui approche!
Dans les conditions climatiques que l'on connaît, le mot est particulièrement bien choisi. Hier il tombait encore 5 cms de neige sur notre plat pays et la période glaciale que nous avons connue
semble toucher enfin à son terme. Il était temps! Au Québec, nous étions préparés à vivre plusieurs mois sous la neige et la glace, mais Dieu que le mental l'emporte sur les considérations
climatiques. Ici nous sommes pris au dépourvu, et vite une certaine lassitude s'installe face à la rigueur de l'hiver, ce qui n'a pas manqué de m'étonner. Je me croyais pourtant vacciné!
A l'aube du dernier jour, les soirées sont calmes, partagées entre activités sportives et cocooning. Les déplacements sur Lille sont de plus en plus difficiles pour C. - nous en avons fait
probablement la dernière expérience pré-accouchement le week end dernier - et je ne me vois pas ne pas partager cette dernière ligne droite avec elle, quand bien même les sollicitations
extérieures sont nombreuses!
Je profite de ces vacances pour me remettre à lire (autre chose que mes cours ou les codes...). Après la biographie de Keith Richards et en parallèle au Journal d'un Douanier (oui, oui,
on ne s'en sort pas je sais), j'ai entrepris l'un lecture d'un bref roman d'Alan Bennett, répondant au doux nom de La Reine des lectrices.
Et pour cause, le personnage central n'est autre que Sa Majesté
herself.
Sans jamais la nommer, mais tout en ancrant son roman dans notre réalité, Alan Bennett cherche à montrer l'embarras que suscite, au sein du cercle très fermé de ceux qui la fréquente, la subite
frénésie de lecture de la Souveraine. Elle qui vivait jusqu'alors dans l'action, pesant le poids de sa responsabilité et de son héritage, devient amoureuse des livres, à près de 80 ans, avec
autant de passion qu'une jeune première. C'est une véritable révélation, un flash, qui va bouleverser le quotidien millimétré de la monarque, au point de faire naître des inquiétudes autant
auprès de ses officiers, que de ses serviteurs. Même le Premier Ministre britannique est en émoi.
Le roman fait 130 pages et sa lecture se fait d'une traite (en deux jours pour moi). Le style est léger, enlevé. Derrière l'apparence de sa légereté, il y a un vrai propos humaniste "A quoi bon
vivre, même Reine, si l'on n'a pas lu et donc pas vécu?" La lecture, c'est l'éveil d'un certain esprit critique, d'une conscience plus aiguë du monde qui nous entoure, de l'autre en particulier ?
Gouverner ses sujets sans vraiment les connaître, c'est possible, même si c'est peu souhaitable. Mais comment se gouverner soi-même quand on ne se connait pas vraiment ?
La lecture n'est pas une madeleine, mais plutôt un révélateur, une boite de pandore et il est écrit que cela ne peut pas ne pas entraîner chez la Reine un changement fondateur.
A vous de lire la suite, et notamment la fin qui est une petite merveille. Je recommande !
Note : 14/20 : cela peut paraître un peu sévère compte tenu de ma description précédente,
mais il faut bien reconnaitre que le propos est léger et que sa lecture est donc tout aussi anecdotique. Mais c'est une anecdote croustillante!
J'ai profité de ces fêtes de fin d'année pour honorer l'un de mes cadeaux de Noel en regardant le film "Rien à Déclarer", de et avec Dany Boon. Le pitch est simple : deux douaniers, l'un belge,
irrascible, interprété par Benoît Poolvorde, l'autre français et sympa, incarné par Dany Boon, sont contraints à travailler ensemble suite à la disparation des contrôles frontaliers
intracommunautaires, au lendemain de l'entrée en vigueur de l'accord Schengen en 1993.
L'angle d'attaque est intéressant et il y a un
vrai potentiel comique derrière ce duo improbable, qui en rappelle bien d'autres dans l'histoire du cinéma français (et je pense notamment à De Funès/Bourvil).
Pourtant le film ne tire pas profit de toutes les potentialités comiques de la situation. On a comme l'impression d'une nostalgie larvée dans les yeux du réalisateur, qui pense à cette frontière
de son enfance et ne semble pas réussir à totalement rire de sa disparition. Non pas qu'il y ait un quelconque propos politique mais plutôt une image d'enfance qui s'évanouit et que l'on a envie
de réincarner.
Rien à déclarer, c'est un peu ça, une comédie désenchantée, mais qui n'assume pas sa part de désenchantement. Pourquoi pas au fond? Dommage, il y aurait eu de quoi faire de ce côté là aussi, en
mettant l'accent sur les répercussions économiques de la suppression des frontières, en employant un humour plus british, plus corrosif aussi, version Full Monthy.
Ceci étant dit, les acteurs sont impeccables, notamment Poolvorde, qui en fait beaucoup sans en faire trop. Le personnage de Dany Boon est un peu trop lisse à mon goût. Les seconds rôles sont
intéressants, notamment l'escroc, mais cela manque de "grinçant" dans l'écriture pour en tirer le meilleur.
Bref, Rien à déclarer est un film agréable, mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable et surtout qui ne fait pas tant rire que cela.
Note : 11/20 pour Benoit Poolvorde et parce que le sujet est original (enfin pas pour moi, mais ça c'est une
autre histoire)
C'est Noël! Après les repas gargantuesques et avant le retour à la réalité, voici venu le temps des cadeaux !
Il y a les classiques, les attendus, les espérés, les surprises, les originaux, les utiles, les farfelus, les superflus, les mignons, les osés, les inespérés, et bien d'autres encore...
Que retenir de cette moisson 2011?
Je retiendrai un très beau duo Corton-Charlemagne/Gevrey Chambertin, la
quintescence ou presque des vins de Bourgogne, blanc pour le premier, rouge pour le second. Ils viennent accompagné de plusieurs autres bouteilles qui enrichiront ma cave (notamment du
champagne), mais pour combien de temps ? Je crois que les bouteilles ne passeront pas le premier trimestre ;-)
Parmi les belles surprises de ce cru 2011, notons un superbe pull en cachemire que je n'espérais pas ou encore le Journal d'un douanier, qui retrace au travers une dizaine d'affaires le quotidien
d'un gabelou.
Parmi les cadeaux à la fois utiles et qui font chaud au coeur, j'ai reçu un assortiment de produits et objets nécessaires pour accueillir le futur Bébé, et, dans un tout autre registre, des bons
d'achat pour faire des emplettes pendant les soldes (ou comment joindre l'utile à l'agréable!).
Mais ce qui fait un bon cadeau, c'est souvent aussi une bonne idée et dans ce registre, l'invitation à dîner dans un super resto gastronomique alsacien ou l'anthologie de Bruce Springsteen (pour
réviser mes classiques en vue du concert du 4 juillet prochain) tiennent une bonne place!
Bref, encore un chouette Noel de passé!! L'an prochain, il faudra prévoir le costume de père Noel... :-)
Lecture terminée hier soir de la biographie de Keith Richards, guitariste, compositeur, interprète à ses heures, et principalement connu pour être le cofondateur des Rolling Stones avec qui vous
savez.
Je dis biographie, mais je devrais plutôt dire "autobiographie". My Life (il ne s'est pas cassé la tête pour trouver le titre notre ami!) propose de découvrir une tranche de vie hors du
commun.
Je ne sais pas pourquoi, mais je m'attendais à un exercice tout en recul de la part d'un mythe vivant. Du genre : " Je vais vous expliquer comment on fait pour être un Rolling Stones depuis
presque 50 ans !"
Mais en fait rien du tout!
Lu d'une traite, ce livre m'a plutôt fait l'effet - boeuf - d'un roman d'aventures palpitant. J'ai encore du mal à croire que quelqu'un puisse vivre (pour ne pas dire survivre) comme Keith l'a
fait ses 50 dernières années.
Les drogues sont évidemment au coeur du sujet, et je lis tout cela d'un autre oeil désormais. Il est intéressant de voir comment la Police et la DOuane d'un côté et Keith et les Stones de l'autre
ont joué au chat et à la souris, au moins pendant une 15aine d'années. On voit aussi la prise de conscience des autorités au sortir des années 60, alors qu'auparavant la Drogue n'était pas au
centre des attentions repressives.
Keith qui a eu beaucoup à faire avec la justice... a pu s'appuyer sur des avocats plutôt rusés, mais il a la force de reconnaître les méfaits qu'ont pu avoir notamment l'héroïne sur lui. On a
beau adoré les Stones et le rock, la lecture du témoignage assez détaillé de ses périodes de sevrage (et des échecs nombreux) devrait suffire à vous décourager pour toute une vie.
Keith a longtemps été un "addict" donc, mais qui en doutait ? Le plus suprenant, c'est qu'il ait survécu! A sa plus grande surprise également...
Au delà de ses dépendances, Keith, c'est un peu l'homme de l'ombre, celui qui se tient tranquille derrière le pantin Mick, qui gesticule sans cesse sur des scènes de plus en plus grandes, à
l'image de son ego, surdimensionné. C'est ce dernier point qui m'a surpris le plus. Non pas que Mick ait un ego boursouflé - ce n'est pas un secret - mais que le personnage avait énormément
changé depuis ses débuts. Et que ce changement a entrâiné une énorme brouille entre Keith et Mick au point que Keith avoue ne plus avoir mis les pieds dans la loge de Jagger depuis 20 ans!
Et pourtant, même s'il est très très critique envers son copain (eux qui se sont autoproclamés "Glimmer Twins", les jumeaux étincelants), rencontré par hasard devant la gare de Dartford en
banlieue de Londres il y a 50 ans alors qu'il tenait sous le bras une pile de disques de blues, on sent un amour indéfectible. Au fond, il l'aime d'un amour déçu peut être mais d'un amour
puissant.
Ils sont partis de rien les loulous, à faire des reprises de tubes de Muddy Waters et autres Chuck Berry... Ils étaient de piètres musiciens, n'avaient jamais composé, n'avaient jamais joué
devant un public... Et ils ont appris ensemble, en vivant en communauté pendant des années (avant de connaître le succès), à courir les cachets, à répéter des heures dans un squat... La manière
dont Keith explique avec modestie le processus de création de leurs chansons (généralement Keith pour la musique/Mick pour les paroles), notamment au début, des tatônnements... Les Beatles qui
leur filent une compo parce que eux ne sortent rien de vraiment convaincant...
Et puis le décollage, les bonnes idées qui se bousculent, la montée en puissance exponentielle, des albums qui s'enchainent, des tournées du début, aux US notamment, de la fuite en France pour
des raisons fiscales, et au Maroc pour des raisons légales (utilisation des drogues tolérée).
Et puis la machine s'enraye à la fin des années 70. Les tensions apparaissent entre Mick, dont la propension à tout maîtriser agace. On en vient aux mains en coulisse... Et puis vient le temps
des carrières solos, car Mick a pris des dispositions unilatérales en ce sens, peut être lassé aussi par l'accoutumance aux drogues de Keith et de Ronnie Wood, l'autre guitariste du groupe. Keith
crée les X-pensive Winos, un groupe de musicos d'abord et avant tout. Se trouve aussi des talents de chanteur lead... Mais ce n'est plus tout à fait comme avant. Et puis Keith n'est pas Jagger!
On est surpris de voir le peu de place que prend Brian Jones, l'un des autres membres du groupe à la première époque, retrouvé mort dans une piscine en juillet 69. Au contraire, on est surpris de
découvrir que Charlie Watts le batteur très jazzy du groupe a été débauché au prix de maints efforts, tant pour Keith comme pour Mick il était le chainon manquant indispensable à la réussite à
venir du groupe. Ils se sont même saignés à blanc (quitte à voler!) pour pouvoir le payer dans les premières années.
Avec mon regard
d'aujourd'hui, ce qui m'a également surpris, c'est la manière dont il a mené sa vie de père. Emmenant l'un de ses fils en tournée (dans des conditions de vie démentielles - à lire absolument
tellement c'est incroyable !). Laissant une de ses filles à sa mère pendant toute son enfance. Eduquant attentivement deux autres enfants dans les années 80/90, plus sages (les années pas les
enfants)... Perdant aussi un gamin en route. Tout cela avec deux compagnes différentes (on ne parle que des officielles hein!). Bref, Keith a mené de front des vies difficilement conciliables.
En fermant le livre, je me suis dit, waouw! It's (maybe) only rock'n roll but I like it!
Tout l'intérêt d'un journal comme celui-ci est de pouvoir préserver une trace de ce que l'on ressent à un instant T. Un jour, j'espère que mon futur fils pourra lire ces lignes car aujourd'hui
j'aimerais dire ce que je ressens à quelques semaines (10) de son arrivée.
On l'a attendu le bougre! Il en fallu de la persévérance pour le concevoir ! Et puis un jour on apprend que ça y est, c'est fait! La première impression, c'est une émotion incroyable. On prend la
nouvelle comme un direct au coeur, façon Ali. S'en suit une période d'euphorie assez inimaginable et je me souviendrai toute ma vie de la nuit un peu folle que j'ai vécue à Berlin, après avoir
appris la nouvelle, divaguant dans les entrepôts de Berlin Est jusqu'au petit matin.
Après l'euphorie vient une période de projection. Comment va t'on vivre les 8 mois à venir? A quoi faut-il penser ?
S'en est suivi une période de doute, non pas sur la volonté d'avoir un enfant, car dans notre cas c'était un choix mûrement réfléchi, mais plutôt sur la fragilité de la grossesse. On devient
protecteur. "Fais attention à çi, ... Ne fais pas ça...". Tout cela parce qu'on craint que quelque chose ne se passe pas bien. Puis vient le temps de la première échographie (magique!), de
l'officialisation de la nouvelle, de la certitude grandissante que cette grossesse va se concrétiser en une naissance.
A 4/5 mois, nous avons appris le sexe. Un garçon. C'est mon père qui a sauté de joie, fier de la poursuite de la lignée familiale. Car oui, cela peut paraître old-school à certains, mais chez
nous, cela compte. Ceci étant dit, j'avais plutôt misé sur l'arrivée d'une petite fille. Allez savoir pourquoi! L'imaginaire du papa gateau? Même pas. Juste une (mauvaise) intuition. J'avais
plus d'imagination pour les prénoms féminins, voilà tout! :-)
Avec la maman, dont le ventre devient de plus en plus proéminent, il y a alors un sentiment de plénitude, une grande connexion affective, malgré une vie active dont il faut encore s'accomoder,
parfois au prix d'efforts que l'on aimerait moins durs.
A 6 mois, après la 2e échographie et à l'approche de la 3e, on commence à planifier l'arrivée du BB. Il faut penser au matériel, même s'il reste encore du temps pour concrétiser l'ensemble. Les
cours d'accouchement pour la maman débute. La sage-femme devient une figure familière dans le paysage, y compris pour le Papa! La maternité aussi commence à être un lieu de plus en plus
fréquenté. Et le gynécologue n'en parlons pas!
Au 7e mois, cette trajectoire se poursuit. On visite la maternité, dans laquelle on vient de s'inscrire. Située à Tourcoing, elle a une vue directe sur... l'END ! Autant dire que je suis vraiment
à domicile! Je n'ai qu'à traverser la rue pour aller d'un bâtiment à l'autre!
On assiste à des cours de puériculture. La future Maman elle va se détendre entre futures mamans à Tourcoing les Bains et (re)découvre son périnée. Ah le périnée ...
Nous en sommes là aujourd'hui, à l'aube du 8e mois. Il reste encore beaucoup à faire. Nous avons peu de choses à notre disposition et il va falloir investir dans le mobilier (la chambre!) et le
matériel (poussette, table à langer et autres...). Le mois de janvier y sera amplement consacré, entre une colle à l'END et un stage à Orly. Le séjour alsacien à venir va permettre de mieux
définir aussi l'organisation de la venue des familles (qui va à l'hotel? qui vient avant la date prévue d'accouchement dans notre appartement ? qui vient après ?). C'est sûr qu'accoucher en
Alsace ou à Paris aurait été plus simple.
Mais bon, je ne suis pas mécontent que mon petit soit, à vie, un CHETIMI! ;-) Peut-être qu'il m'en voudra un jour de devoir justifier à ses camarades l'exotisme tout relatif de son lieu de
naissance, mais moi je trouve ça plutôt "cute".
Qu'il sache, le bonhomme, qu'à ce stade, il n'y a pas de consensus sur son prénom. Qu'il sache qu'on pense beaucoup à son avenir mais qu'on essaie déjà de gérer au mieux le présent. Qu'il sache
qu'on l'aime déjà tendrement.
Après un assez long moment d'absence, me voici de retour pour ces fêtes de fin d'année.
Il faut dire que depuis la rentrée je suis bousculé dans mes habitudes.
Il y a eu d'abord un déménagement dans le Nord. Parallèlement, l'attente d'un boutchou, qui bientôt pointera le bout de son nez. Et pour couronner le tout, cette immersion dans un nouvel univers
professionnel. En bref : j'ai le cerveau en fusion, et ces vacances de Noel sont plus que bienvenues.
Drôles de fêtes pourtant en perspective! Avec C. enceinte jusqu'au cou ou presque, tout est chamboulé.
D'abord, les traditionnelles vacances d'hiver, où nous aimions partir sinon vers des contrées lointaines au moins quelques jours à proximité des sommets enneigés, sont hors de propos.
Ensuite, les cadeaux ne sont pas faciles à
faire car l'attention est déjà toute tournée vers le proche horizon de l'arrivée du petit. Qu'offrir à une femme enceinte, lorsqu'on aime croire que l'on est un brin original? Pas facile,
croyez-moi, sorti des idées pontifiantes... Mais j'ai plus d'un tout dans mon sac, alors, à quelques jours de Noel, rien n'est encore perdu!
Dans quelques jours, nous allons prendre la direction de l'Alsace, donc, pour célébrer ce temps fort de l'année qu'est pour nous Noel. Je l'affirme haut et fort : J'AIME NOEL! J'aime ce que cette
fête représente, j'aime les bonnes bouffes, j'aime les cadeaux, j'aime l'hiver, j'aime les réunions de famille, désormais indispensables pour pouvoir rassembler tout le monde en un même lieu au
moins une fois dans l'année. J'aime les gestes solidaires de fin d'année (avez-vous fait le votre? Ici, par exemple : http://www.afa.asso.fr/accueil-don.html), j'aime les décorations, j'aime même la fête religieuse, son esprit, l'espoir d'un monde meilleur. Car oui,
Noel, c'est un moment d'espérance. D'introspection aussi. L'heure du bilan de l'année, qui pour ma part est incroyable en 2011. Et, prions pour que 2012 le soit aussi.
Bref, Noel, pour moi, c'est une façon de sortir de mon cartésianisme, chèrement acquis, pour revenir aux sources, à tout point de vue. Le temps d'une certaine innocence, retrouver de la légèreté,
ce à quoi cette année tourquennoise contribue grandement aussi. Je me retrouve dans la peau d'un étudiant, et Dieu que cela fait du bien de revivre ça ! Même si on est entre gens sérieux et que
pour certains la pression est forte. Avec l'expérience, on vit les choses autrement...
A cette période de l'année, je me dis toujours que nous entrons dans une nouvelle ère, que tout redevient possible. Tout cela est irrationnel, je le sais bien, et je pourrais démontrer sans
difficulté que mes plus grandes décisions ont été prises à beaucoup d'autres (sinon exclusivement à d'autres) périodes de l'année. Et pourtant, en dehors de toute logique, je crois en l'esprit de
Noel...
Je suis sacrément content de revoir ma petite famille réunie, et, en celà, je me retrouve totalement dans l'imaginaire Spielbergien de la famille comme dernier rempart protecteur. Même si je suis
profondément altruiste au sens premier du terme : j'aime Autrui. Et là encore, cette année tourquennoise est formidable car je rencontre des personnes très intéressantes. Je me sens revivre
d'élargir le champ des personnes que je cotoie : c'est une vraie bouffée d'oxygène, même si j'ai mon cercle d'intimes pour la vie.
Drôles de fêtes pourtant.
Oui, cette année, l'arrivée du boutchou focalise notre attention et c'est bien normal me direz-vous. Je n'ai ni envie de voyager ni envie de recevoir de cadeau pour moi. Je me contente largement
de ce que j'ai, même si les présents à venir me feront indiscutablement plaisir. C'est étrange quand même ce revirement. Il y a quelques années, j'aurais probablement vécu cela comme un
sacrifice. Je crois que l'on appelle ça "être prêt", si tant est qu'on puisse l'être.
Je n'ai - nous n'avons - absolument rien prévu pour Nouvel An, et peut être allons-nous sagement rester en famille. Ce qui serait une première depuis... je ne me souviens même plus.
En définitive, le plus important est de se ressourcer, de se régénérer pour aborder au mieux l'année à venir, mais nous n'en sommes pas là. Pour le moment, il me reste encore un cadeau à trouver!
Et puisque je ne suis pas radin avec vous, voici un petit cadeau :
J'aimerais attirer votre attention sur un site formidable, dont je suis devenu accroc. Il s'agit de www.covoiturage.fr.
Ce site est devenu un réflexe pour moi depuis que je possède une voiture et je dois dire que j'en suis hyper satisfait.
Le concept est évidemment dans le nom du site à savoir celui de proposer des trajets en covoiturage ou de rechercher un conducteur en vue d'un trajet commun.
D'un
point de vue comptable, c'est une excellente affaire pour tout le monde. Par les temps qui courrent les trajets via TGV sont devenus hors de prix lorsqu'on n'a pas prévu de se déplacer plusieurs
semaines (pour ne pas dire plusieurs mois!) à l'avance. Un trajet Lille-Paris par exemple se négocie rarement sous les 30€ lorsqu'on ne bénéficie par d'une carte de réduction ou d'un tarif
spécial.
Prévoyant de me rendre en région parisienne prochainement, j'ai proposé la place dans mon véhicule à 20€ TTC. Une aubaine!
La différence se fait encore plus substantielle sur des trajets plus longs ou plus atypiques. Ainsi, j'ai pris récemment deux covoitureurs sur un trajet Lille-Lorraine via la Belgique pour un
tarif défiant toute concurrence (30€). Pour le coup, si l'on cherche à faire le même trajet en TGV, non seulement sera t'il difficile de trouver un train direct... et en plus il vous en coutera
souvent le triple !
Deuxième avantage, c'est celui de ne pas voyager seul. Il est sécurisant, notamment sur des longues distances, d'avoir à ses côtés des personnes avec lesquelles converser. La vigilance est alors
d'autant plus de mise que vous êtes en éveil.
Dernier atout, et non des moindres, c'est celui de faire la rencontre de nouvelles personnes, que vous n'auriez jamais rencontré autrement. Pour preuve de cette grande diversité, j'ai déjà eu
dans ma voiture une jeune maman et sa fille, un chercheur suisse installé à Lille et une styliste de Décathlon. Autant vous dire que c'est le grand écart!
Je n'ai jamais eu de difficultés à ce jour, mais je me permets de trier mes passagers sur le volet. Construit sur un mode collaboratif, le site permet de donner un avis sur chacun des
covoitureurs/conducteurs, ce qui permet de faire un choix éclairé.
Vraiment, je vous recommande chaudement d'utiliser ce site qui n'a que des avantages!
L'actualité récente a mis en exergue le rôle que pourrait jouer la Chine dans la résolution de la crise de l'endettement public en Europe. Le sujet est complexe mais passionnant.
Il faut comprendre une chose, relativement simple : la Chine possède un incroyable excédent en devises étrangères : plus de 3200 milliards de dollars! Et ce chiffre enfle régulièrement à coup de 50
milliards supplémentaires chaque mois. La raison en est assez simple : nous sommes tous des clients de l'industrie chinoise !
Sa balance commerciale, c'est à dire le rapport exportation/importation, largement excedentaire depuis 1994, s'est pourtant retournée et 2011 devrait voir la Chine, pour la première fois depuis
sa conversion à l'économie de marché, faire face à un déficit de sa balance commerciale! La croissance de son PIB à deux chiffres depuis une quizaine d'années devrait repasser sous les 10% dès
cette année et sous les 9% en 2012.
Comment expliquer ce coup de frein et qu'en déduire ?
J'y vois deux raisons principales : d'abord le fort développement économique du pays requiert des besoins en matière première et en énergie de plus en plus importants. La Chine, qui n'est pas
autosuffisante, se voit donc de plus en plus contrainte de trouver ses ressources ailleurs que sur son territoire pour maintenir le cap de sa croissance. Cet élément ne poserait pas un problème
insurmontable, si, dans un même temps le moteur de sa croissance, à savoir les exportations de produits manufacturés, ne se voyait enrayé par la crise qui frappe ses principaux clients, et au
premier chef l'UE, qui est son principal partenaire commercial.
Comprenez donc qu'il est tout à fait dans l'intérêt de l'Empire du milieu de soutenir notre continent pour préserver son modèle de développement. Là où les Américains, au moment du plan Marshall,
avaient érigé en devise "We need a market, a big one, in which to buy and sell", les Chinois pourraient dire "We need consumers, plenty of consumers, to sell our products".
Petite parenthèse dans mon raisonnement, j'ai eu l'occasion d'aborder en périphérie cette thématique avec les étudiants que je suis en tutorat. Cette semaine nous avons travaillé sur un sujet de
géographie économique connexe : "l'industrie européenne face à la mondialisation". J'avais incité les étudiants à pousser leur réflexion sur la Chine, l'Usine ou
l'Atelier du monde, selon les formules consacrées, jusqu'au point de conclusion suivant : "L'Europe peut-elle se passer des investissements chinois pour relancer son secteur industriel?" Je ne
pensais pas que mon propos prendrait tellement sens... Fin de la parenthèse.
Par extension, que comprendre de la proposition franco-allemande visant à accepter que la Chine contribue à garantir par le biais d'un "véhicule spécial" le fonds européen de stabilité
financière (FESF) ?
Certains y voient une preuve que l'Europe n'arrive pas à s'entendre pour faire face à la crise. J'analyse plutôt que c'est une preuve que l'Europe ne peut pas, seule, proposer une garantie
suffisante pour calmer les marchés et obtenir ainsi pour les pays membres de la zone euro, comme l'a expliqué le Président de la République lors de sa récente intervention télévisée, des prêts à
des taux raisonnables.
Offrir des garanties, cela ne veut pas dire donner de l'argent. La différence est importante. Mais cela ne veut pas dire non plus qu'il ne faudra pas piocher un jour dans le fonds... Or avec 1000
milliards d'Euros, on est très loin de pouvoir garantir un défaut de paiement de plusieurs Etats Européens quant au remboursement de leur dette publique. L'Italie, à elle seule, a une dette de
1800 milliards d'Euros. Ajoutez-y les Grecs, les Espagnols, les Portugais et pourquoi pas la France... vous conviendrez qu'il n'y a pas de quoi rassurer les prêteurs, c'est à dire les banques,
principalement, mais aussi les Etats étrangers, Chine en tête, qui auraient acheter des obligations européennes.
Chacun désormais est contraint à des plans de rigueur pour ramener sa dette publique vers les critères de convergence de la zone Euro (dette = 60% du PIB ; déficit inférieur à 3%), critères qui
ne sont plus respectés depuis plusieurs années par de nombreux pays disposant de la monnaie unique. La manoeuvre est simple : regagner la confiance des marchés mais aussi et surtout casser le
cercle vicieux de l'endettement, pour ne pas dire du surendettement.
Peut-on faire les difficiles et refuser l'aide de la Chine ?
Je ne crois pas. Mais il ne faudrait pas que cela soit une raison de ralentir les mesures d'austérité prises par les Etats en difficultés, Grèce en tête. Il ne faudrait pas croire non plus que
cette aide intervienne sans contrepartie même si la Chine a également
besoin de l'Europe, elle en a besoin moins urgemment que nous. Nous pourrions trouver des solutions alternatives mais le temps presse. Aussi, attendons-nous à des négociations âpres car l'intérêt
de la Chine est d'intégrer pleinement le concert des nations reconnues comme des acteurs à part entières de l'économie de marché (tant à l'OMC qu'en matière de politique commerciale avec l'UE, ce
qui signifie probablement une disparition d'un certain nombre de barrières tarifaires aujourd'hui existantes et qui sont défavorables à la Chine...).
Il ne s'agirait pas non plus de croire que cela nous permettra de repousser plus loin une réforme de la zone Euro visant à harmoniser nos systèmes fiscaux et sociaux pour qu'elle puisse devenir
un véritable poids lourd, capable de supporter des investissements et non plus seulement de jouer les pompiers occasionnels. Pour cela la gouvernance de la zone doit être revue. Et le chantier
institutionnel est immense... Il faudra faire accepter aux opinions publiques européennes que la réponse aux défis de l'avenir ne sera pas le repli sur soi, si tentant et pourtant si
dramatiquement inefficace, l'histoire nous l'a démontré à moults reprises, mais plutôt la cohésion sans cesse plus étroite entre les pays européens. Pour cela, il faudra certainement travailler
avec un groupe resseré d'Etats aux intérêts convergents et complémentaires, Allemagne et France en tête.
En somme, nous sommes à la croisée des chemins et il faudra du courage politique pour sortir de l'ornière. Qui l'aura ?
Découvrir un nouvel environnement de travail n'est jamais évident. D'autant plus quand on opère un virage à 180 degrés dans sa vie professionnelle. J'ai voulu devenir un cadre A dans
l'administration. Je m'en suis donné les moyens et j'y suis parvenu. C'est une bonne chose. Mais il ne faut pas oublier que ce n'est qu'un début et non une fin!
Tout cadre A de la fonction publique d'Etat intègre ce qu'on appelle une école d'application, qui prépare à la carrière du corps que l'on s'apprête à intégrer. Ce qui me frappe aujourd'hui, après
un mois de formation, c'est la grande technicité des matières abordées. Je voyais le cadre A comme un manager ou tout au moins un généraliste, je le découvre expert avant tout. C'est un élément
que je n'avais pas vraiment saisi en choisissant cette voie, mais qui me fascine autant qu'il me déstabilise.
Il y a quelque chose de gratifiant à appréhender des éléments complexes maîtrisés par une minorité d'initiés, de saisir la portée d'un arsenal juridique, d'être au coeur de la dynamique
européenne et de la voir à l'oeuvre pour ne pas dire de la mettre en musique! Il y a de la gourmandise intellectuelle à recueillir une somme d'informations énorme, qu'il faut trier, comprendre,
intégrer, mettre en perspective. Je ressens une certaine forme de jouissance à découvrir la réalité des échanges commerciaux internationaux, ces mécaniques méconnues qui font que le jouet
asiatique se retrouve sous l'arbre de Noel comme par enchantement et que le dernier produit Hi Tech dernier cri arrive sur les étalages de nos hypermarchés. Il faut décrypter, décortiquer,
dissequer le mouvement des marchandises, ce qui leur est permis ou non, les règles et leurs exceptions, nombreuses, évidemment, sinon tout serait trop simple.
C'est une plongée dans la complexité des normes, qui sont à l'image d'une réalité elle-même aux multiples visages. C'est la prise de conscience de l'évolution permanente face à la mondialisation
qui transforme les logiques économiques et nous incite à nous adapter encore et encore.
Bref, ce premier mois, pour le pur externe que je suis, est une mise en abîme.
Que l'on se sent petit face à cet ensemble de principes et de régles, qu'il faut dompter pour pouvoir être soi-même, bientôt, le garant de leur application.
Oh bien sûr, chacun réagit différement face à la somme d'informations dont nous sommes les destinataires privilégiés. Pour ma part, j'ai non seulement l'envie de bien faire - la médiocrité n'est
pas une option - mais je me sens investi du devoir de comprendre au mieux les enjeux pour devenir un bon agent.
Cela requiert une bonne dose de sagacité et beaucoup d'humilité. Je m'y attele.
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